dimanche 22 janvier 2006
(in Apocalypse International, n° 105 de l'an 52 (1997), p. 4 à 6.

Combien de milliers d’Africains innocents devront encore mourir dans des guerres civiles, comme celle du Rwanda, avant que l’on ne comprenne que la cause de ces drames est la monstrueuse colonisation européenne?

Lorsque les colonisateurs sont arrivés sur cet immense continent, ils ont créé de toutes pièces des états qui n’existaient pas, en traçant sur des cartes des frontières arbitraires et totalement artificielles pour mieux se partager le pillage des ressources locales. Dans chaque état africain, il peut y avoir jusqu’à plus de cent peuples qui n’ont rien de commun avec leurs voisins, ni leurs traditions, ni leurs coutumes, parfois même leurs langages qui sont tellement différents qu’ils ne peuvent absolument pas se comprendre entre eux.Peu importe, les colonisateurs centralisateurs sont arrivés et ont décrété que tous ces peuples, dont la seule faute était d’avoir un retard technologique, ne leur ayant pas permis de repousser les envahisseurs, allaient désormais devoir vivre ensemble à l’intérieur de frontières communes, avec une capitale destinée à régner sur l’ensemble de la nation totalement artificielle ainsi créée.

Tant et aussi longtemps que le pouvoir colonial imposait, par la force, son autorité, il n’y avait aucun problème. Tous les Africains subissaient ensemble cette tyrannie en se serrant les coudes et en se sentant même plus proches d’ethnies parfois hostiles, dans ce sentiment d’injustice qui allait créer rapidement les premiers mouvements de révolte militant pour la décolonisation. Tout comme les Français et les Anglais qui, dans l’histoire, s’étaient livrés à d’innombrables guerres, mais se sentaient soudain proches pour lutter contre l’Allemagne nazie.

Et la décolonisation est arrivée, inéluctable dans un monde qui se prétend basé sur le droit et non plus sur la force brutale des armées. Les pouvoirs coloniaux sont repartis chez eux, mais ont laissé en place un pouvoir et une administration centralisateurs basés sur le modèle européen et ne tenant absolument pas compte des réalités ethniques et culturelles locales. Une fois “l’indépendance�? obtenue, les problèmes ont commencé.. Dans chacun de ces états artificiels, l’ethnie ou le peuple comptant la population la plus nombreuse, a automatiquement pris le pouvoir en utilisant les règles démocratiques laissées par les colons…

Si cette règle était appliquée en Europe, l’Allemagne réunifiée, dont la population est la plus nombreuse, pourrait imposer ses vues au reste de l’Europe… Est-ce que les Français et les autres l’accepteraient? Évidemment non…

Lorsque la décolonisation a eu lieu, il aurait fallu redonner leur indépendance à tous les peuples qui avaient été rassemblés arbitrairement par les forces colonisatrices. Une myriade de petits états indépendants aurait été ainsi créée. Les Hutus et les Tutsis auraient eu chacun leur territoire à administrer et nous ne connaîtrions pas les guerres actuelles. Ce processus aurait pu permettre à ces petits états africains de créer une Fédération semblable à celle des États Unis d’Amérique ou à celle que l’Europe est en train de réaliser. Il n’est pas trop tard pour reprendre le problème à son début en détruisant les états et les frontières créés par les pouvoirs coloniaux.

Une véritable décolonisation consiste en fait à remettre l’Afrique dans l’état où elle était avant d’être polluée politiquement par la colonisation.

Il y avait, certes, quelques conflits tribaux, mais chacun avait son territoire et personne n’essayait d’exterminer son voisin.

Imaginons que le progrès scientifique soit allé plus vite en Afrique qu’en Europe, et que cette dernière ait été colonisée par les Africains, il y a un ou deux siècles. Il y aurait eu un état européen artificiel créé pour gérer les territoires conquis. Puis une révolte décolonisatrice aurait renvoyé les colons chez eux. Peut-on imaginer que les Européens, ainsi décolonisés aient accepté de conserver les frontières et le système mis en place par les envahisseurs? Évidemment non. Les Français ou les Italiens n’auraient jamais accepté d’être gouvernés par l’ethnie la plus nombreuse, les Allemands ou les Russes, s’ils avaient également fait partie des colonisés. Les luttes ethniques auraient alors ravagé l’Europe décolonisée comme elles ravagent aujourd’hui l’Afrique. Non, la seule solution, si l’on veut vraiment et sincèrement le bien des populations africaines, est de détruire toute trace du colonialisme, en commençant par les frontières arbitraires qui ne reposent sur aucune réalité culturelle, ethnique, religieuse ou géopolitique. Des traits tracés sur des cartes par des fonctionnaires coloniaux totalement inconscients, voilà ce que sont les frontières africaines. Si les Africains veulent sortir de leurs problèmes, il faut qu’ils réalisent une réelle décolonisation de leur continent, et cette décolonisation réelle passe par une destruction des états artificiels créés par les colons exploiteurs, ainsi que de tous les systèmes centralisateurs qu’ils ont mis en place. Les anciennes puissances coloniales ne font rien pour aider réellement les Africains, trop contentes qu’elles sont de continuer à piller les ressources naturelles de cet immense continent ne utilisant les conflits locaux pour mieux masquer leurs magouilles politico-économique. Dans des états artificiels vivant des conflits ethniques, il est tellement plus facile d’utiliser la corruption pour continuer de bénéficier des ressources naturelles de pays officiellement “décolonisés�?.

Si chaque ethnie, ou peuple, retrouvait véritablement le pouvoir sur les ressources naturelles de son territoire, il serait beaucoup plus difficile, pour les pillards européens, de manipuler les prix et les productions par l’intermédiaire des puissantes multinationales. Sans compter que chaque conflit, même officiellement “condamné�? ou “déploré�?, permet aux fabricants d’armes européens de réaliser des profits juteux. Enfin, les interventions militaires les plus récentes, françaises en particulier, prouvent que l’indépendance accordée aux états décolonisés est toute relative. Dès qu’un chef d’état africain souhaite établir des relations privilégiées avec la Lybie, la Chine ou quelqu’autre État qui déplaît à l’ancien pouvoir colonial, les troupes françaises débarquent et remettent le pays dans le rang. Elles déposent le gouvernement, pourtant démocratiquement élu, et le remplacent par des personnalités plus “sympathisantes�? aux anciens (?) pouvoirs colonisateurs. Les plus réticents ne restent pas longtemps insensibles à des dépôts effectués sur des banques suisses (il est intéressant de noter que presque tous les dirigeants africains, malgré un contrôle des changes installé pour éviter que les maigres capitaux africains ne s’expatrient, ont des comptes bancaires en Suisse… Comment sont-ils alimentés?). Le sacre de l’empereur Bokassa 1er, financé par la France, est l’exemple le plus frappant de cette mascarade de décolonisation. Il faut que les Africains se réveillent et détruisent des frontières et des états qu’ils n’ont pas choisis. L’ONU pourrait superviser la création d’états nouveaux, dont les frontières seraient les limites naturelles et ancestrales des ethnies ou populations telles qu’elles existaient avant la colonisation, et organiser une fédération des différents pays ainsi créés. Les richesses naturelles de l’Afrique pourraient alors bénéficier aux populations locales et non plus aux multinationales assoiffées de profits. Chaque groupe ethnique, ou nation, pourrait ainsi retrouver ses racines, ses traditions et sa langue. Une 2e langue fédérale pourrait être adoptée afin que tous les habitants du grand continent africain puissent communiquer entre eux. Il serait d’ailleurs préférable que cette langue ne soit pas celle de l’ancien pays colonisateur. Les anciennes colonies françaises devraient adopter l’anglais comme deuxième langue qui s’affirme de plus en plus comme étant la langue mondiale.

Après la décolonisation linguistique, il serait aussi souhaitable qu’une décolonisation religieuse soit entreprise. Les religions traditionnelles africaines devraient être enseignées à nouveau aux populations et dans les écoles comme faisant partie de l’héritage culturel des Africains. On obtiendrait ainsi une déchristianisation progressive; il ne faut pas oublier que le christianisme a été utilisé comme un instrument pour mieux asservir les peuples conquis et tenter ainsi de leur faire perdre leur identité. Enfin, il est temps, pour les Africains, de se rendre compte que sous couvert de “coopération�? les “coopérants�? et autres “conseillers�? (que les anciens pays colonisateurs mettent “gentiment�? au service des pays africains) ne sont, en fait, que des agents chargés de maintenir le contrôle afin que l’indépendance reste uniquement un mot, mais ne se manifeste surtout pas dans les faits. Pourquoi les Africains acceptent-ils que des troupes françaises soient stationnées dans presque tous les pays d’Afrique? Ils sont soi-disant là pour “protéger les Africains�?, mais en fait ce sont eux qui interviennent dès que les pouvoirs en place ont des sentiments d’indépendance réelle afin de les déposer et les remplacer par des dirigeants plus “soumis�?. Quel scandale!

Oui, il est vraiment temps que les Africains accèdent enfin à une véritable indépendance et en finissent avec le simulacre.

Africains, prenez en main votre destinée en rejetant globalement toutes les structures qui vous ont été imposées par la force, qu’elles soient politiques, religieuses ou culturelles.

Votre immense continent est riche, et les nouvelles technologies, comme l’informatique et l’Internet, font que vous n’avez plus besoin des colonisateurs pour apprendre. Des millions de jeunes ivoiriens, congolais ou autres, peuvent directement recevoir la connaissance des plus grandes universités mondiales. Voilà pourquoi un éloignement de la France, au profit des USA, serait favorable au développement de l’Afrique.
Que peuvent faire les Raëliens non Africains pour aider l’Afrique? Surtout pas aider la mendicité organisée et élevée au rang d’institution par des gouvernements qui veulent conserver le pouvoir qu’ils ont sur l’Afrique par ce biais. “Plus je t’aide et plus tu dépends de moi�?, c’est là leur leitmotiv.

Que se passe-t-il dans les pays riches? On dépense des millions pour organiser des campagnes pour aider le tiers monde et d’autres millions pour demander aux Français d’acheter français ou aux Canadiens d’acheter canadien… Quelle hypocrisie. “Tenons le tiers monde dans la dépendance de la mendicité et enrichissons-nous davantage en achetant national…�?. Quant aux entreprises qui investissent en construisant des usines dans les pays du tiers monde, elles sont culpabilisées et montrées du doigt comme exploitant une main-d’œuvre sous-payée. C’est pourtant elles qui ont raison, même si elles le font plus par souci de profit que par altruisme humanitaire. Elles contribuent inconsciemment à un mouvement de rééquilibrage des richesses.

Ce n’est pas de mendicité que le tiers monde a besoin, mais de développement.

La meilleure façon d’aider un pauvre n’est pas de lui donner un poisson, mais de lui apprendre à pêcher… et lui donner une canne à pêche. Il faut encourager les entreprises à déplacer leurs usines de production vers les pays du tiers monde. Les consommateurs européens y gagnent, car les produits à leur disposition sont moins chers, et le tiers monde se développe comme on le voit aux Philippines ou en Thaïlande. Nous, Raëliens, pouvons contribuer à ce grand mouvement de rééquilibrage des richesses.

Je souhaite que les Raëliens des pays riches entreprennent des campagnes autour du thème: “Achetez tiers monde�? avec des tee-shirts, autocollants, conférences, etc.

Au lieu de contribuer à des collectes de fonds pour aider le tiers monde, nous l’aiderons bien plus en motivant nos contemporains à acheter ce qui y est produit chez eux, au lieu d’acheter nos productions nationales. Cela créera un peu plus de chômage chez nous? Oui, et alors…? C’est ça la véritable charité et la véritable solidarité. Accepter qu’il y ait un peu plus de gens qui vivent moins bien pour qu’il y en ait d’autres dans des pays moins favorisés qui puissent tout simplement éviter de mourir de faim. Qu’est la souffrance du chômeur obligé de se limiter dans ses dépenses pour survivre avec son allocation chômage, par rapport à celle de la famille africaine qui se réveille sans savoir ce qu’elle va manger aujourd’hui et demain… et les jours suivants…? Acheter français ou canadien, c’est sauver des emplois, acheter tiers monde, c’est sauver des vies… Le choix est vite fait lorsqu’on est conscient du problème.

L’an 2000 de l’ère chrétienne est là, dans moins de trois ans. Faisons, ensemble, en sorte que l’Afrique et le Tiers monde du troisième millénaire soient différents de ceux de cette fin de 20e siècle, et que, lorsque les Elohim arriveront, ils soient fiers de leurs enfants de toutes les races et de tous les continents.

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